Un souvenir

Cette photo en forme de médaillon semble vouloir fixer un souvenir que l’on souhaiterait garder, presque secrètement.

Que de chemins parcourus depuis mes souvenirs d’enfance et je ne peux m’empêcher de comparer la vie actuelle à celle d’avant.

Je revois ces petites maisons de bois, accolées les unes à côté des autres, sans confort, elles disposaient d’un petit terrain, souvent utilisé pour le jardinage, les personnes qui les occupaient se connaissaient tous, c’était pour la plupart des ouvriers étrangers qui travaillaient ; leur moyen de locomotion le plus utilisé, était le vélo, un seul pour toute une famille.

Les routes n’étaient pas goudronnées, les occupants de ces maisons, utilisaient constamment un balai fait avec des  brindilles dures, pour limiter la propreté intérieure.

Ces maisons n’avaient aucun confort, pas d’électricité, on utilisait les bougies et les lampes à pétrole pour avoir un peu de lumière ; pas d’eau courante, on pompait l’eau de la nappe phréatique.

Nous connaissions des personnes qui occupaient ces lieux et nous allions les voir, l’accueil était convivial, les discussions étaient égrenées d’anecdotes amusantes qui déclenchaient des éclats de rire bruyants ; l’hiver on se regroupait autour du poêle à charbons, pour mieux se réchauffer et l’on discutait beaucoup ;  je sens encore cette odeur de café réchauffé sur le poêle, qui rendait l’accueil chaleureux.

Les personnes s’entraidaient, la solitude n’était pas pesante et l’espoir d’un projet de vie plus confortable  les stimulait.

Mais, tout de même, que de chemins parcourus depuis, pour cette génération qui est parvenue à atteindre cet objectif de vie confortable, elle peut  apprécier son  confort  actuel en le comparant  à celui  qu’elle a vécue auparavant ; malgré  l’isolation que ce confort a généré.

Jeannine Hotoaïan

Document d’archives : Habitat précaire à Villeurbanne en début des années 1930

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