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LES GRATTE-CIEL VUS PAR MARC RIBOUD

Villeurbanne fête cette année les 90 ans du quartier des Gratte-Ciel, œuvre du maire visionnaire Lazare-Goujon et de l’architecte Môrice Leroux dans les années 30. En attendant les célébrations qui se dérouleront à la rentrée, ainsi que notre future exposition, qui y fera largement référence, nous vous proposons cette série de photographies de Marc Riboud dans le quartier des Gratte-ciel.

En 1984, à l’occasion des 50 ans des Gratte-ciel, Marc Riboud a réalisé cette série en vue d’une grande exposition. « Regard sur les Gratte-Ciel » s’est déroulé du 21 mai au 18 juin 1984 à l’hôtel de ville et a ensuite tourné dans toute la France.

En 2023, le musée des Confluences de Lyon avait exposé cent clichés pour célébrer le centenaire de la naissance à Lyon (Saint-Genis-Laval) de Marc Riboud, mort le 30 août 2016 à Paris. Photographe-voyageur, témoin des grandes transformations sociétales à travers le monde, il a acquis une renommée internationale avec ses nombreux reportages, en Chine notamment.

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Connaissez-vous l’histoire du Stadium ?

Vous connaissez probablement le parking Raphaël-De-Barros (situé derrière la salle du même nom et la Maison du livre), qui abrite désormais le tiers-lieu de l’Archipel, dédié à la lutte contre la précarité alimentaire.

Mais saviez-vous qu’à ce même endroit, il y a 90 ans, un Palais des sports accueillait des spectacles de tauromachie et des combats de catch ?
C’est l’incroyable histoire du stadium de Villeurbanne !

Nous sommes au début des année 30. Après la construction de la piscine de Cusset, bientôt suivie par celle des Gratte-Ciel, le maire Lazare Goujon rêve d’un Palais des sports en centre-ville.

Présenté comme l’équivalent du Palais du Travail pour le sport, cet équipement ultramoderne imaginé par l’architecte des Gratte-Ciel Môrice Leroux sera un bâtiment de 17 260 m² pouvant accueillir 12 000 spectateurs. Il doit comporter un vélodrome d’hiver couvert de 8 000 m², une piste de 200 m, une arène pugiliste, une patinoire et des salles de réunion.
Un espace climatisé doté de magasins, de bars et de restaurant, est également prévu. Un concept rare en France à l’époque, puisque seule Paris compte un Palais des Sports de ce type. Le coût total du projet est estimé à plus de 10 millions de francs, une somme très importante à l’époque. Le chantier débute à la fin de l’année 1933.

En 1935, Lazare Goujon perd son mandat aux élections municipales. Face aux difficultés financières de la commune, le nouveau maire Camille Joly abandonne les travaux. Ils ne seront repris que 10 ans plus tard lorsque Lazare Goujon est réélu. Lors de son ouverture au public en mai 1949, le bâtiment est loin de ressembler à ce qui avait été prévu. Toutefois, de nombreuses manifestations y sont accueillies jusqu’en 1957 : boxe, catch, basket-ball, spectacles taurins, rodéos automobiles et courses de vélo sur l’une des meilleures pistes cyclistes d’Europe…

En 1954, Etienne Gagnaire succède à Lazare Goujon. Le Stadium n’est plus la priorité et le conseil vote sa démolition le 8 novembre 1965. Ainsi disparaît ce grand projet qui devait parachever l’œuvre de Lazare Goujon, et qui ne deviendra jamais cet équipement ultramoderne « que toutes les grandes villes d’Europe et d’Amérique pourront envier » (Morice Leroux).

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