[25/03/2026]
A quelques semaines des élections municipales (15 et 22 mars prochains), nous vous proposons un petit retour en arrière sur les origines de ce scrutin et sur les élections villeurbannaises de 1935, qui ont marqué la ville.
Extrait de La vie lyonnaise n°761 (11 mai 1935) – © AMV
Le saviez-vous ?
Ce n’est que depuis la loi municipale de 1882, confirmée par celle de 1884, que nous élisons nos maires à travers l’élection des conseillers municipaux, peu importe la taille de la commune. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des grandes lois de démocratisation de la IIIe République au début des années 1880. Auparavant, les maires étaient nommés par le préfet.
Seule exception : Paris, placée sous la tutelle de l’Etat à la suite de la Commune, devra attendre 1977 pour voir à nouveau son maire élu par ses habitants !
Les élections municipales de 1935 à Villeurbanne
Un instituteur devient maire de Villeurbanne… avant de voir son élection invalidée
Il y a 91 ans, les élections municipales de 1935 à Villeurbanne furent hautes en couleurs !
La concurrence était rude entre la municipalité socialiste sortante du député-maire Lazare Goujon et les communistes emmenés par le docteur Jules Grandclément. Ce dernier décède deux mois avant le scrutin et c’est finalement Camille Joly, instituteur, qui est choisi pour le remplacer. Il remporte les élections au second tour (avec 6 508 voix contre 4 428 pour les socialistes), mais son élection est invalidée par le Conseil d’État au motif qu’il n’avait pas demandé de congé pour convenance personnelle et qu’il se présentait en tant qu’instituteur en exercice.
En effet, sous la IIIe République, les instituteurs publics n’étaient pas éligibles car l’on craignait que leur engagement politique ne vienne compromettre leur obligation de neutralité politique dans leurs missions d’enseignement. Le candidat communiste Joly est néanmoins largement réélu, dès le premier tour, lors des élections complémentaires qui ont lieu le 29 mars 1936.
Des conseillères municipales privées à Villeurbanne, bien avant le droit de vote des femmes
Autre catégorie de la population inéligible : les femmes ! Malgré cette interdiction – elles n’obtiennent le droit de vote et d’être élues qu’en 1944 – le maire sortant Lazare Goujon lance une initiative audacieuse en 1935 en proposant l’élection de quatre conseillères municipales privées. Ces conseillères privées ne siègeront pas, puisque la loi l’interdit, mais participeront aux principales commissions, notamment dans les domaines de la santé, des équipements municipaux et des finances.
Trois listes sont constituées et là encore, ce sont les femmes communistes qui remportent les élections. Une action pionnière qui connut un retentissement national.
Sources : Archives municipales (Le Rize), 4 C 600, 1 D 274 et 275, 2 D 14.
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