Mais où est passée la Rize ?

[25/03/2028]
Au 19e siècle, cette rivière résurgente du Rhône coulait en direction de Vaulx-en-Velin, puis traversait le sud de Villeurbanne sur 3,7 km, avant de rejoindre le Rhône à la Guillotière.
C’était alors un lieu de baignade, de détente, mais aussi une ressource précieuse pour l’industrie textile polluante. À Villeurbanne, elle est progressivement couverte au 20e siècle, pour devenir totalement invisible en 1970.

Un ruisseau de plusieurs mètres de large aux eaux très claires.

Provenant des marais de Décines, la Rize est un reliquat de l’ancien lit du Rhône, rejeté progressivement au cours des siècles par de fortes crues le long des collines de Miribel. Ce mince bras du Rhône « le ruisseau de Feurs, dit la Rize » circulait autrefois le long de la Balme viennoise ou dauphinoise. Il est alors décrit comme « un riant ruisselet de deux ou trois mètres de large aux eaux très claires ».

Baignade, friture et pêche

Dans la première moitié du 19e siècle, en amont, du côté du Canal de Jonage, plusieurs guinguettes s’installent sur ses rives. La Villa des Saules, le Transvaal, le café Bornicat ou encore la Maison Carrée proposent saucissons, petites fritures, poulets, jeux de boules et de quilles ou balançoires aux ouvriers et aux pêcheurs.
La Rize est aussi un lieu de baignade, avec notamment le « trou de la Rize », souvent cité dans les mémoires locales. De nombreux témoins attestent que les enfants du quartier de Cusset y apprenaient à nager.

Polluée, la Rize disparait

Au milieu du 19e siècle, la qualité de ses eaux, réputées non calcaires, attire les premiers teinturiers ou blanchisseurs. Des lavoirs publics s’installent, comme à Cusset, chemin du Roulet (actuelle rue Pierre-Vaillant). Malgré des nettoyages réguliers, la pollution s’intensifie au point que dès 1875, la ville de Lyon décide de la recouvrir entièrement dans le quartier de la Guillotière.
À Villeurbanne, on multiplie tunnels et dalles de recouvrement jusqu’en 1987, où la Rize disparaît définitivement dans son cours villeurbannais. Subsiste un petit canal dérivé qui fait la limite entre Villeurbanne et Vaulx-en-Velin. Il arrose encore les jardins familiaux du quartier Saint-Jean, havre de paix pour les jardiniers amateurs.

L’esprit de la Rize est encore bien présent

Les traces de la Rize subsistent dans les noms de voirie : celui de la « petite rue de la Rize », derrière la place Grandclément, ou l’ancienne dénomination de la rue Valentin-Haüy, appelée « rue de la Rize ». C’est d’ailleurs pour en raviver le souvenir que le maire de l’époque baptise l’équipement culturel « Le Rize » en 2008.
Lorsque la nappe phréatique remonte en cas de fortes pluies et inonde des parking souterrains, certains habitants pensent encore que la Rize est en cause.

Le travail photographique de Pierre Suchet

En 2020, à partir de plans du 19e siècle, le photographe Pierre Suchet a parcouru l’ancien tracé du ruisseau à Villeurbanne et à Lyon, depuis le canal de Jonage jusqu’à la Guillotière, à la recherche de traces de sa présence passée. Ses photographies et l’ancien tracé de la Rize sont à découvrir dans notre exposition Aqua Rize.  Une carte interactive du cours historique du ruisseau, depuis son confluent avec le Rhône à la Guillotière, jusqu’à sa source à Décines au sein du parc de Miribel-Jonage, en passant par la gare de la Part-Dieu, est disponible sur ce site internet.


EN SAVOIR PLUS :

Visiter l’exposition Aqua Rize
Lire l’article « La Rize à Villeurbanne » sur le site du Rize+
Participer à la rando urbaine « Remonter la Rize jusqu’à sa source », samedi 20 juin 
Visiter l’exposition « Mais où est passée la Rize », du 14 avril au 2 mai au café du Rize