Pépite d’archives

Louis Maynard, premier archiviste de la ville

[15/06/2026]

Si vous êtes déjà venu faire des recherches dans la salle de consultation des Archives municipales de Villeurbanne au Rize, peut-être avez-vous croisé le regard malicieux de celui qui fut le premier archiviste de la ville (et bien plus !), dont le portrait trône au-dessus du guichet. Mais qui était Louis Maynard ?

Portrait de Louis Maynard, photo Blanc et Demilly (AMV 19Fi267).

Le fils d’un conseiller municipal lyonnais

Né en 1870 d’un père fervent républicain, conseiller municipal de Lyon sous Pierre Gailleton, Louis Maynard a hérité de son père de profondes convictions républicaines, anticléricales et socialistes, qu’il défendra tout au long de sa vie. Après des études en lettres classiques, il obtient sa licence en droit et devient avocat au barreau de Lyon, puis fait carrière dans les assurances.

L’auteur du Dictionnaire des lyonnaiseries en 4 tomes 

En parallèle, il cultive son amour des lettres et des arts, la musique en particulier. Passionné et passionnant « vulgarisateur » de l’histoire régionale, il collecte tout un tas d’anecdotes sur les rues et monuments lyonnais qu’il partage au gré de visites, conférences, et chroniques historiques pour la presse locale, et dont il tire en 1932 un Dictionnaire des lyonnaiseries en 4 tomes (quand même !).

Le premier archiviste de la Ville de Villeurbanne 

Il est recruté fin 1932, à plus de 60 ans, comme « archiviste-bibliothécaire » de la ville de Villeurbanne par la municipalité socialiste de Lazare Goujon, et reste en fonction jusqu’à sa mort en août 1940. Il joue alors un rôle central dans la mise en place d’une politique culturelle ambitieuse à destination de la population ouvrière de la ville tout au long des années 30 lecture publique, éducation populaire, vulgarisation scientifique et notamment historique, décentralisation artistique, action culturelle à l’école, tourisme populaire, chroniques radio et presse écrite… Premier archiviste de la ville, il organise le service et identifie les collections historiques villeurbannaises dispersées dans divers centres d’archives de la région.

Un bibliothécaire militant

Il transforme la bibliothèque municipale, simple cabinet de lecture installé dans une salle annexe de l’hôtel de ville, en une véritable bibliothèque d’étude riche de plus de 30 000 ouvrages et réputée pour sa spécialisation dans les questions ouvrières. Outre les divers outils (catalogues, fichiers analytiques, revues de presse) qu’il met en place pour faciliter la recherche dans les fonds, Maynard s’efforce d’attirer de nouveaux lecteurs en allongeant les heures d’ouverture au public, en ouvrant des bibliothèques de quartiers dans les zones les plus éloignées du centre ou en faisant des lectures commentées auprès de syndicats et associations.

Pacifiste convaincu, président de la section villeurbannaise de la Ligue des Droits de l’Homme reconstituée en 1934, chroniqueur sur « Radio Laïque », Louis Maynard s’engage notamment en faveur du mouvement des auberges de la jeunesse et du tourisme populaire.

Directeur du musée de Villeurbanne

Il contribue à créer le musée de Villeurbanne, installé dans le beffroi de l’hôtel de ville des Gratte-ciel. Il organise en outre plusieurs expositions « hors les murs » dont les deux expositions d’art ouvrier de 1937 et 1938 au Palais du travail. Premier archiviste de la ville, il organise enfin le service et identifie les collections historiques villeurbannaises dispersées dans divers centres d’archives de la région.

Un féru d’histoire du XVIIIe siècle

On doit à Louis Maynard les deux volumes de la Rétrospective historique et anecdotique de Villeurbanne, retranscrivant les délibérations de la municipalité entre 1790 et 1794. Il participe à la création de l’Université Populaire de Villeurbanne, dans laquelle il dispense lui-même les enseignements d’histoire.

La municipalité de Charles Hernu a voulu saluer sa mémoire en donnant son nom à une rue du quartier Saint-Jean en 1987.

EN SAVOIR PLUS 
>> Lire l’article « Louis Maynard, un amateur au cœur de la politique culturelle villeurbannaise » de Emma Biscarros sur le blog des chercheurs du Rize


AMV – Le Rize, photo non cotée trouvée dans le dossier biographique de Louis Maynard

Des Gratte-Ciel à croquer !

Depuis l’achèvement de leur construction en 1934, les Gratte-Ciel de Villeurbanne sont une source d’inspiration inépuisable pour les artistes de renom comme pour les dessinateurs amateurs. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser sur la place Lazare-Goujon un groupe d’étudiants en train de croquer l’hôtel de ville ou le TNP. A l’occasion des dernières semaines de notre exposition Villeurbanne à tous les étages, consacrée à l’habitat collectif et aux Gratte-Ciel, nous vous présentons une série de dessins, d’illustrations ou d’affiches qui mettent en lumière le quartier emblématique de la ville.

  • Jacques de Loustal : planches inspirées de l’univers de Giorgio de Chirico (2014, exposition « Perspectives Gratte-Ciel » à l’occasion des 80 ans des Gratte-Ciel*)

 

  • Edmond Baudoin : deux portraits sensibles de Lazare Goujon et de Morice Leroux, avec en deuxième puis troisième plan les Gratte-ciel et ses habitants. (2014, exposition « Perspectives Gratte-Ciel » à l’occasion des 80 ans des Gratte-Ciel*)

 

  • Gilles Rochier : auteur-illustrateur originaire de la banlieue parisienne, Gilles Rochier est tombé amoureux des Gratte-ciel. Il a été accueilli en résidence artistique au Rize en 2013, puis a sorti la bande dessinée Je suis au Rize (Éditions de l’Épicerie séquentielle, 2016), dont sont extraites les planches ci-dessous.

>> Voir plus de dessins des Gratte-Ciel par Gilles Rochier sur le site Rize +

 

  • Arnaud Quéré  (2014, exposition « Perspectives Gratte-Ciel » à l’occasion des 80 ans des Gratte-Ciel*)

 

  • Affiches de l’événement de la Ville « Villeurbanne en fête » en 1984 et 1986 (Archives municipales du Rize)

 

* En 2014, Lyon BD et le Rize ont proposé à quatre auteurs de travailler sur la thématique de l’utopie urbaine en réalisant une double planche de bande dessinée inspirée du quartier des Gratte-ciel.

 

Pépite d’archives spéciale « Vœux du maire »

A l’occasion des traditionnels vœux du maire à la population, nous avons ouvert la boîte à archives et y avons trouvé, comme souvent, quelques pépites.
« Bonne année », « Meilleurs vœux »… A l’époque, le message était simpliste et le maire se mettait souvent en scène sur sa carte de vœux, parfois même aux cotés de son épouse. Des habitudes qui semblent avoir bien changé aujourd’hui.